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Fatima Alahyan
L'accès à l'eau est un droit bafoué au quotidien chez les Amazighs. C'est le cas à Bemsmim, à 6 km d'Azrou, dans la province d' Ifrane, au Moyen Atlas. En Septembre dernier, les habitants de cette localité ont manifesté leur mécontentement contre l' exploitation industrielle de leur source par un investisseur français. Le projet consiste à mettre en bouteille et commercialiser cette eau au Maroc mais l' investisseur et ses complices makhzéniens assurent vouloir contribuer au développement économique local. C' est vraiment prendre les Amazighs pour des imbéciles. D' ailleurs, c'est une tradition au Maroc.
En fait, cette source permet aux 3 000 habitants de Bemsmim de boire et d'abreuver les 5 000 bêtes de la localité. Elle permet également d'irriguer les champs. Il faut, en outre, préciser que les Amazighs au Maroc ont toujours été considérés comme des sous-hommes, c' est-à-dire comme du bétail. Beaucoup de coins perdus où habitent les Amazighs ne sont toujours pas électrifiées et où l'eau est une denrée rare. Bloquer ou même freiner l' irrigation des champs, c'est les vouer à la destruction puisqu' il y a un risque de pourrissement. C' est exactement la même chose pour les Amazighs : leur ôter l'eau, c'est-à-dire la vie, c'est souhaiter leur disparition en les assoiffant. C'est tout simplement logique.
Le Moyen Atlas est une région très marginalisée et donc pauvre. Les contraintes naturelles y sont pour beaucoup. Cependant, il faut savoir que cette région est très riche ( bio-diversité et ressources naturelles....) mais que les gens sont plus que pauvres. L'exemple d'Anfgou en est un parmi d'autres. Ce ne sont pas les montagnes qui marginalisent le plus les Amazighs du Moyen Atlas : c'est le makhzen qui, en les isolant et en les négligeant, les oblige à vivre dans la misère la plus absolue. De plus, le Moyen Atlas est connu pour ses belles prostituées berbères. Arracher leur source aux habitants de Bemsmim, pour le makhzen, peut passer inaperçu. Puisqu' il s' agit ici d'appauvrir des gens initialement démunis. La véritable source ( de revenus ) des Amazighs du Moyen Atlas, ce n' est pas l' eau mais la bonne chair berbère. Donc ni vu ni connu, pensent les autorités locales...
Le problème est que les Amazighs de Bemsmim sont soutenues par des ONG internationales et par tous les Amazighs informés de leur situation. Il faut donc mettre la pression la plus grande sur les autorités locales pour laisser aux habitants le libre-choix d' exploiter leurs ressources qui n' appartient nullement au makhzen, faut-il le lui rappeler. Si cette source doit être léguée aux étrangers, les fils de la région doivent êtres les premiers à êtres embauchés pour participer à ce projet puisqu' il s'agit, rabâche-t-on, du développement de leur localité. Sinon, la source de Bemsmim ne saurait appartenir à un étranger pendant que les Amazighs, eux, cherchent à s' abreuver. Comme des bêtes.
A Aourir, dans le Souss, trois personnes sont mortes il y a quelques semaines. Mais pas n' importe comment : elles sont mortes de soif. Ces trois Amazighs sont morts de soif sur leur propre terre. Chose impensable dans l' Afrique du Nord d'antan : des autochtones amazighes meurent en cherchant à boire. Dans le Souss, la surexploitation de la nappe phréatique, l'augmentation de la consommation d'eau dû à l'explosion du secteur agricole et la faible pluviométrie sont tant de critères qui incitent à lutter contre la rareté de l' eau. Mais l' eau devient rare quand l' Homme l' exploite pour ses intérêts.
Le président du Conseil régional du Souss, M. Aziz Akhenouch, assure faire de la lutte contre la rareté de l'eau sa priorité. Mais, comme vous savez, entre les dires et les faits, il y a toujours un grand écart. Les faits accomplis par ce riche milliardaire Amazigh ( mais Amazigh que de nom ), c'est céder des millions de dirhams aux Arabes et à financer nombre d'organismes arabistes donc anti-amazighes. Comme le journal marocain et arabiste Aujourd' hui le Maroc ou bien Le Courrier de l'Atlas, magazine français destiné aux « Maghrébins » de France, c'est-à-dire aux Arabes de France. M. Akhenouch sait-il que trois personnes sont mortes de soif dans la région qu' il préside et où il a fait de la lutte contre la rareté de l'eau sa priorité ?
Toujours dans le Sud mais à l'Est : le cas des « cinq douars assoiffés » dans la commune d'Iminoulawn, près de Ouarazate. Peu après la mascarade politique à laquelle tous les Marocains, au pays et à l'étranger, ont eu le droit, le président du conseil communal se réveille un beau matin et décide de cesser l' approvisionnement de ces villages en eau. Motif : les habitants, Amazighs bien évidemment, n' ont pas voté pour le candidat de son parti. Son attitude est pour le moins désolante de la part d'un élu local mais pas étonnante du tout. C'est ce qu'on appelle la démocratie sauvage. Il faudrait jeter ce makhzénien trop culotté dans les rivières du Dadès. C' est une pratique bien courante chez nous, à Assif n Dadès, que de donner une leçon bien rafraîchissante à ceux qui veulent nous en donner. Ce sont à cause de gens comme cet élu que les Marocains ont boudé les urnes. D' ailleurs, les Amazighs ne savent même pas ce que c'est qu'une urne. Pourtant, nous, les Amazighs, pouvons nous vanter d'avoir été démocratiques depuis la nuit des temps.
En effet, les femmes amazighes rurales et montagnardes se chargent d'aller chercher l'eau à la source, aussi éloignée soit-elle ou bien au puits le plus proche. Dans tous les cas, ces jeunes filles et femmes connaissent la valeur de l' eau mieux que mille citadines. Armées de bidons initialement réservés à contenir de l' huile ( forme de recyclage parmi d'autres ), elles s'en vont, seules ou en groupe chercher l'eau et marchent parfois pendant des heures pour la trouver. Les plus chanceuses ont un âne ou un mulet. Arrivées au point d'eau, elles prennent soin de verser l'eau dans les bidons, très attentivement. Pour ne pas laisser une seule goutte d'eau s'échapper. De retour au village, elles versent l'eau dans des bidons qui restent toujours dans un coin de la maison traditionnelle, en pisé. Entourés d'un large tissu qu'elles mouillent de temps à autre pour conserver l' eau fraîche.
En ce qui concerne les champs, dans les villages, chaque famille dispose d'une journée pour irriguer ses champs ou une partie de ses champs pour les plus aisés. Cette pratique est strictement codifiée. Chacun son tour, personne n' est favorisé, ni sous-estimé : la plus stricte égalité. Ce sont des méthodes très courantes que les Amazighs héritent de leurs honorables ancêtres. C' est ce qu' on apelle la noble démocratie, celle de la pureté et de la transparence. Et non pas celle de la corruption et de l' inégalité.
Chez les Amazighs, dès qu' un passant demande à boire de l'eau, qu' il soit européen, arabe ou noir, on court lui apporter un grand verre d'eau bien frais. Sorti tout droit d'une source comme celle de Bemsmim. Grâce au travail de nos soeurs et mères amazighes. Tout le monde participe et tout le monde fait les efforts nécessaires pour aider le plus faible. Le makhzen, lui, veut offrir la source des Amazighs de Bemsmim sans les consulter, sans leur dévoiler l'identité de cette société-écran qui veut exploiter à elle seule des milliers de litres d' eau en un rien de temps. Alors que des Amazighs se meurent dans le Souss. A cause du non accès à l' eau potable. Leurs réserves d'eau. Mais il y a pire : les arbres sont encore plus privilégiés que les Amazighs, au Maroc.
A Marrakech, place Jemma Al Fna, des centaines de jardins et palmeraies inondent les alentours de la célèbre Place Rouge. Des emplois ont étés crées spécialement pour arroser tous ces palmiers qui rendent la ville encore plus extravagante. Et il faut nous en féliciter. Il faut bien atteindre, en 2010, ce maudit chiffre de dix milliards de touristes ! Aucun palmier ne doit différer des autres tant au niveau du volume, de la taille que de l' esthétique.
Sauf que derrière la magnifique palmeraie se cache le Maroc de la misère et du silence. Ou plutôt, on veut cacher la pauvreté et les souffrances que subissent les familles habitant tous ces bidonvilles qui entourent la ville, précisément dans les quartiers populaires péri-urbains. On arrose, ou plutôt, on « sur-arrose » des arbres alors que des enfants, des femmes et hommes, par dizaines, à quelques mètres, n'ont même pas de quoi faire boire les nouveaux-nés des familles. Ce sont, dans leur majorité, des « ex-ruraux » qui avaient, après avoir vendu tous leurs biens, misé sur la vie en ville dans l'espoir de vivre dignement. Mais c' est un échec pour la plupart de ses familles, souvent nombreuses, qui ne savent pas que même toutes réunies, elles ne valent même pas un demi-palmier...
Parallèlement, l'ONU vient de voter la Déclaration des droits des peuples autochtones. Ce texte officiel affirme le droit à la différence de tous les indigènes, trop souvent marginalisés sur leur propre terre. Comme les Indiens en Amérique, les aborigènes en Australie ou les Karens en Birmanie. Alors que les régimes politiques régissant ces pays sont outrés de ce qu'ils appellent le « séparatisme » et « l'isolationnisme » de tous ces peuples, voilà qu'un texte officiel, venant de la très haute Organisation des Nations Unies, vient confirmer la légitimité de toutes leurs revendications. Et vote une déclaration stipulant que les peuples autochtones ont le droit à la différence, à une vie digne. Et à rester maîtres, et non étrangers, sur leur propre terre.
Et mieux : les peuples autochtones sont dans le droit de réclamer l'autonomie de leur région mais également l'enseignement et l'officialisation de leur langue. Elle affirme surtout que les ressources de tous ces peuples ne sauraient êtres cédées ou vendues aux étrangers ou à un tiers sans la consultation des autochtones. Sans leur consentement.
Nous ne demandons strictement rien aux makhzen, ni le supplions de nous soutenir. Par contre, nous lui réclamons ce qui nous revient de droit. A savoir nos terres, nos ressources et notre langue. Enfin, concernant l' eau qui s' est toujours apparentée à de l' or pour les Amazighs, elle n' a jamais été une marchandise. Et elle ne le sera jamais.
Nul besoin de parcourir l'article du Matin. Il suffit de viser le titre : le Maroc respecte les droits de l' homme. On ne peut être on ne peut plus clair. On peut donc en conclure une chose : il faut immédiatement alerter la presse internationale et les chaînes d'actualité internationale telle, par exemple, Al Jazeera (Pourquoi pas !), pour informer le monde entier d'un fait on ne peut plus unique et phénoménal : le Maroc est respectueux des droits de l'homme! Décidemment, la bêtise médiatique marocaine étonne de jour en jour. Le Maroc, c' est-à-dire le makhzen, respecte désormais les droits de chaque être humain sur le sol marocain. Il faut tout de même faire preuve d'un énorme stock de culot pour oser choisir un titre pareil... Mais passons !
En fait, on nous annonce en fait que le peuple marocain peut enfin vivre dignement. Puisque qu'ils bénéficient de tous leurs droits. La dignité mais également la liberté, l'égalité et tous les droits auxquels la Déclaration des droits de l'homme fait référence. C' est absolument à inscrire dans les annales de l'Histoire de l'Humanité. Malheureusement, il existe des pays comme la France où des hommes et des femmes sans domicile fixe meurent chaque hiver à cause du froid. Où les États-Unis où les hautes autorités de la « Justice » elles-mêmes décident de la mort de détenus via la chaise électrique. Le Maroc, lui, respecte les droits de l' homme et surtout au Sahara*. C' est exprimé le plus simplement du monde. Le makh-zen peut rester zen...
Et pourtant, il existe uniquement un seul pays sur Terre à interdire à des citoyens de prénommer leurs enfants selon leur histoire et leur culture, selon leur conscience identitaire et leurs valeurs. En effet, il y a un seul pays au monde où l' état ( se disant être ) de droit a instauré une «liste de prénoms autorisés » excluant presque tous ceux qui ne reflètent pas l' idéologie raciste sur laquelle se base cet état. Un seul pays au monde à laisser des nouveaux-nés et enfants sans prénom pendant des mois à cause de leur origine, de leur histoire, du désir de leurs parents d'honorer leurs ancêtres par un prénom à connotation culturelle : le Maroc.
Ce pays est pourtant « respectueux » des droits de l' homme, nous rabâche-t-on sans cesse. Il faut savoir qu' interdire pour une raison non valide ( comme le font si bien les services d' état civil dans tout le Royaume et les consulats à l' étranger ) à un parent de prénommer son enfant tel qu' il le souhaite est non seulement une atteinte à son honneur mais aussi une insulte à sa dignité. Et, en outre, un non-respect des textes internationaux comme la Convention internationale des droits de l' enfant, pourtant ratifiée par ce pays qui, dit-on, respecte les droits de l' homme : notre cher pays le Maroc.
Cet article du Matin ô combien mensonger ne fait que renvoyer chez eux tous les militants des droits de l'homme au Maroc. Nous parlons bien entendu de tous ceux et celles qui militent pour les droits de chaque homme et femme, quelque soit l'origine ethnique ou sociale. Et non de ces organismes marocains des droits de l'homme arabe que l'on entend étrangement jamais quand les droits des citoyens marocains amazighes sont bafoués...C'est-à-dire en permanence.
D'ailleurs, en ce qui concerne les Amazighs au Maroc, la liste des conséquences de ce virtuel respect des droits de l'homme est longue. Les militants et étudiants amazighs sont régulièrement arrêtés, victimes de la répression des « forces du désordre», attaqués en « injustice » et accusés de toutes sortes de maux. Sans parler des intimidations que subissent ces jeunes et leurs familles, des grèves de la faim (qu' on prend le soin de dissimuler) en prison par certains détenus, des coups et blessures et de toute la barbarie qui accompagne ces actes anti-humains par excellence. On ne peut, de surcroît, respecter les droits de l'homme en incitant tout un peuple à la haine et en divisant pour mieux ... voler.
Le Matin, journal officiel du makhzen parmi d'autres, est le porte-parole du makhzen comme tant d'autres « médias ». Le Ministre marocain de la Communication, Nabil Benabdallah, membre de PPS ( à notre regret, grand perdant des élections législatives de cette année ) quitte ses honorables et rentables fonctions pour laisser son trône en pacotille à un autre démagogue. Mais, la presse marocaine nous informe que le Ministère de la Communication va disparaître puisque des instances et organismes professionnels ont été crées. Soit. Que le Ministère de la Communication et son chef disparaissent, c'est une bonne nouvelle. Puisqu' ils n'ont servi à rien pour les Amazighs. Mais si l'amazighité continue d'être folklorisée et disparaît du paysage audiovisuel marocain, il ne faudra pas s'attendre à ce que les Amazighs chantent et dansent...
Ce que les « médias » marocains, et surtout la presse marocaine, doivent comprendre, c'est qu'un misérable article ne pourra jamais contredire la réalité du terrain. Une réalité amère malgré notre modeste optimisme : le régime marocain a fait beaucoup d'efforts pour mettre un brin de lumière sur les années de plomb. Mais très peu de choses ont été faites quant au respect des droits minimaux des marocains. Aujourd'hui. Le plus précieux est celui de la dignité. Le nouveau gouvernement marocain et ses toutous médiatiques connaissent-ils le sens de ce mot ou faudra-t-il le leur apprendre ?
Alahyan Fatima
* Au passage, une petite parenthèse s' impose car il faut bien que la voix amazighe résonne : le Sahara n' est ni marocain, ni algérien mais avant tout une terre amazighe qui appartient aux ancêtres des marocains et des algériens à savoir : les autochtones amazighs. Le Sahara n'appartient ni aux régimes panarabistes algéro-marocains, ni aux Arabes et aux Janjawids du Polisario qui n'ont rien à faire sur ce territoire. Qui, répétons-le, n'appartient qu'à un seul peuple : le peuple amazigh.
http://www.lematin.ma/Info/Article.asp?id=13145
L’émission hebdomadaire « Moubacharatan Maakoum » ( En direct avec vous ), diffusée mercredi 21 février sur la chaîne 2M, avait pour thème « Quelle place pour le darija ? ». Son animateur, M. Jamaâ Goulahsen, a proposé de débattre de la situation de l’arabe dialectal, ses invités étant des « linguistes », comme El Fassi Fihri, connus pour leur vénération de l’arabe et leur mépris absolu de l' amazighité.
Cette émission a été préparée prétendument à l’occasion de la Journée mondiale de la langue maternelle célébrée le 21 Février. Vous n’êtes pas sans savoir que c’est le tamazight qui est la langue maternelle de la majorité des Marocains. Autrement dit, ce genre de programmes télévisuels révèle au grand jour le complexe identitaire et linguistique qui habitent les Arabistes invités. Aucun des intervenants à évoqué l’importance de tamazight, ni même tamazight excepté quelques références pour le moins passagères et rapides. Le Maroc est le premier pays amazighophone comme tout le monde le sait. Mais 2M a préféré, comme à son habitude, travestir cette réalité pour nous parler de son darija.
Mais, au fait, qu’est ce que le darija? N’est-il pas un dialecte qui est très fortement influencé par la langue maternelle de la majorité des Marocains, à savoir le tamazight? Les intervenants étaient tous d’accord pour affirmer que les Marocains sont tous darijophones et aiment leur langue maternelle, qui prend principalement, selon eux, ses origines dans l’arabe classique, langue officielle du Maroc. N’est-il pas, encore une fois, paradoxal d’officialiser une langue venue de l’Orient et que personne, excepté une certaine l’élite traditionaliste du pays, ne parle alors que « la langue de tous les Marocains », nous disent ces spécialistes trié sur le volet, est le darija?
Et comme on n’est pas au bout des absurdités, il faut savoir que le présentateur, M. Goulahsen, est lui-même amazigh. Sa caution de ce genre de débat est une preuve qu’il combat, encore plus que les autres Amazighs de service, sa propre langue maternelle, le tamazight. Ce « journaliste » ( reste à savoir s’il en est un) qui s’était prononcé contre une chaîne amazighophone parce que n’y voyant aucune utilité, accrédite encore une fois sa claustration dans l’autonégation et l’autoflagellation.
Un vrai Amazigh ne chapeauterait jamais un tel débat schizophrène, et encore moins travailler pour une chaîne raciste anti-amazighe dont l’idéologie arabiste n’est plus un secret pour personne. Monsieur Goulahsen, est , va-t-on me dire, est victime de pressions politiques. Le problème est qu’un homme qui tient à sa dignité aurait tout de suite claqué la porte de 2M comme l’ont fait récemment ses collègues qui étaient plus que las d’être téléguidés par la fameuse oreillette… Monsieur Goulahsen doit donc assumer sa condition d’esclave au service des maîtres du pays car, selon un proverbe bien connnu : « Quand un peuple n’ ose plus défendre sa langue, il est mûr pour l’ esclavage .»
Pour conclure, oser dire publiquement que la darija est la langue des Marocains, c’est affirmer tout simplement que des millions de citoyens du Maroc (pour ne pas dire la majorité) ne sont pas marocains. S‘il y a bien une langue qui est «menacée de disparition » pour laquelle les linguistes doivent s’inquiéter, c’est bel et bien le tamazight. Une langue que même ses locuteurs au service du Makhzen arabiste aident à sa négation et à son extermination. Au fait, excepté dans le cœur de vrais Amazighs, au Maroc, quelle est la place du tamazight ?
Mercredi 21 Février 2007 a été célébrée la Journée internationale de la langue maternelle, une fête organisée par l’ Unesco (l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) par laquelle elle entend se réapproprier la langue maternelle et préserver la diversité linguistique dans le monde.
Il y a à peine quelques mois, au mois de novembre dernier plus exactement, l’Unesco a également célébré la Journée mondiale de la philosophie au Royaume du Maroc, à Rabat, capitale (de la culture arabe en 2003 ) du pays. Mohamed Abed Al-Jabiri, ce “grand philosophe ” marocain qui rêvait de marquer l’Histoire y a eu le droit à un hommage plus que particulier.
L’Unesco a donc encensé chaleureusement l’homme qui a affirmé à plusieurs reprises qu’« il faut extirper les dialectes berbères… », qu’il faut donc détruire le tamazight, langue maternelle de la majorité des Marocains. En plus d’être celle de ce raciste amazighophobe! Quel étonnant paradoxe !
Une question s’impose d’elle-même : l’Unesco est-elle vraiment une organisation qui se bat pour l’éducation ( l’enseignement de tamazight par exemple), pour la science (et donc la logique) et pour la culture ( la culture amazighe est vieille de plusieurs millénaires )? Elle couvre de fleurs un raciste hideux qui veut la mort du tamazight et donc des Amazighs et fête en même temps la journée dédiée à la langue maternelle. Tout cela le plus normalement du monde.
Une attitude absolument irrationnelle, décevante mais significative : les Arabistes ont réussi à noyauter l’Unesco, à recruter des victimes naïves pour légitimer leur cause : la cause arabe en plein pays amazigh, le Tamazgha. Celle de ces colonialistes invétérés voulant à tout prix faire du Maroc le pays de Sindbad le Marin et autre Ali Baba et les quarante voleurs. Mais en vain.
Le tamazight est, en plus d’être la langue maternelle des ¾ de la population marocaine -la mère des langues-, une des plus anciennes langues de l’humanité. Une langue que l’Unesco est censée défendre, mettre en valeur, immuniser et protéger des lobbies arabes racistes et des “Ichlhiyen n Srbiss” comme Al Jabiri. Celui-là même qui a déclaré la guerre totale au tamazight. Quand l’Unesco prendra -t–elle conscience de son erreur, celle d’avoir applaudi et décorer un des plus grands amazighophobes que l’histoire ait jamais connu ?
Si on analyse bien ce documentaire, tout est programmé pour embellir la misère dans laquelle vivent les autochtones amazighs. Des hommes et des femmes qui se contentent de ce qu’ils ont et remercient le bon Dieu de leur avoir généreusement offert d’abondantes richesses. «Ar nrkez irden d qilu. G ssif, tlla tazart, illa lkhukh», ( Nous cultivons le blé et le maïs. En été, il y a les figues et les pêches …) dit un Amazigh. Et il ajoute : « Thla tamazirt. Nhemd irbbi ! ». (Notre région est belle. Que Dieu soit loué ! ). Il y a, par conséquent, du travail pour tout le monde. Si on en croit cet homme ou plutôt le message que veut faire passer 2M ( M comme Manipulation et Mythomanie ), les Amazighs sont fortunés et mènent une vie paisible dans leur Eldorado.
Si l’on continue à visionner ce «docu-menteur », on pourra écouter une femme amazighe parler de son «métier»: le métier à tisser. Et là, une observation intéressante s’ impose d’ elle-même : la femme exprime sa joie de travailler la laine mais elle éprouve quelques difficultés. En effet, elle affirme timidement « Ikhssa ad agh tâawn ddula », (L’État doit nous aider ). Mais la suite de l’entretien avec le « journaliste » montre que la femme se place, en fait, en situation de supplication par rapport aux autorités.
Elle rêverait donc que les autorités locales soutiennent les femmes de son village. « Nous avons besoin de l’aide du makhzen » pour faire plus de bénéfices et développer notre activité et non pas nous demandons voire nous exigeons l’aide du Makhzen. Ce qui normalement, dans un État de droit, devrait être dit. Cette nuance est lourde de sens. Les Amazighs supplient le Makhzen de les aider. Ce ne sont plus des hommes libres mais des esclaves.
Continuons à explorer notre chère tamazirt via ce reportage «Découverte» : notre guide arabe nous emmène savourer les fruits de la nature et deux touristes français ont la parole. Ils disent être heureux de s’être déplacés voir de leurs propres yeux «le Berbère», «voir comment il mange, comment il dort, comment il construit sa maison» comme si l’Amazigh était un sauvage venu d’on ne sait quelle planète.
Ce qui prouve bien que les maîtres arabes exportent à travers le monde entier l’idée que les Amazighs ne sont que des primitifs juste bons à être exhibés aux touristes en mal de sensation. Pourquoi le «reporter» ne nous emmène-t-il pas voir comment les Amazighs vivent justement et réellement? Chez eux et non pas en pleine nature. 2M préfère passer son temps à envoûter le public marocain en diffusant des images d’Ahiduss. Il s’agit en fait d’exploiter cette danse foklorique pour dévier les spectateurs de la véritable vie des Amazighs : celle de la pauvreté et de l’exclusion.
Un autre exemple de la purée à vomir des «médias» marocains, animaux (domestiques du makhzen arabe du Maroc), a consisté à étouffer les manifestations des Amazighs du Sud-Est marocain qui ont exprimé leur colère face à un makhzen qui nie complètement leur existence (fin décembre, début janvier).
Un mois après ces évènements, les journalistes amateurs de 2M ont immédiatement pris leurs caméras et sont venus….filmer nos paysages ! L’émission touristique «Abwab al Madina» présentée par Saïd Belfaqir sur la chaîne arabe 2M a gentiment consacré son temps à cette région, comme le plus grandiose des hasards. Une émission qui illustre de façon phénoménale le syndrome du paradoxe du makhzen. Effectivement, au moment où les Amazighs se révoltent et revendiquent le droit à une vie digne, 2M propose aux Marocains de découvrir un petit paradis amazigh sur la terre du Grand Maghreb Arabe : la région du Sud-Est.
Par conséquent, pour protester contre les discriminations dont ils sont victimes, les Amazighs sont en droit de cesser d’alimenter financièrement le racisme anti-amazigh des chaînes arabistes, à savoir le paiement de la taxe d’audiovisuel. Mais ils sont en droit aussi de refuser aux réalisateurs et aux « journalistes » de filmer leurs terres. La culture amazighe ne saurait être exploitée ainsi continuellement. Yuda !
A l'heure où la mondialisation menace les échanges culturels, l'entrée en vigueur, dimanche 18 Mars, de la Convention sur la diversité culturelle ne peut que réjouir tous les passionnés des cultures du monde . Reste à constater que de nombreux pays n'ont pas ( encore ) ratifié ce texte dont bien évidemment le Maroc. Un pays qui, pourtant, reflète à merveille le brassage culturel tant acclamé par son gouvernement.
La Convention, adoptée par la Conférence générale de l’Unesco, il y a quelque mois, porte en fait sur " la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ". Pour la première fois de l'Histoire, la culture est définie comme un bien de l'humanité. Trop souvent exploitée à des fins commerciales, la culture a toujours été la proie de grands groupes politico- industriels. La pression de l' OMC ou encore de pays comme les Etats-Unis a été plus qu'importante pour vider le texte de son contenu. Les politiques culturelles des pays signataires vont donc s'orienter vers la valorisation de la diversité culturelle.
Il est des pays où la notion de "diversité culturelle" ne demeure que dans les discours. Le Maroc en est le meilleur exemple. Ce pays, souvent appelé " terre de tolérance " ou encore " carrefour des civilisations ", est très riche de par son passé historique. Pourtant, il n'a pas signé cette Convention de l'Unesco sur la diversité culturelle. Le Makhzen refuse catégoriquement cette diversité qu'il ne cesse de bénir. Le "melting-pot" , le " brassage culturel ", la " mosaïque " marocaine ne sont, en fait, que de vains mots.
En fait, la politique de M. Mohamed Achaari, ministre marocain de la Culture, est tout simplement et totalement arabe. La culture amazighe, censée avoir la priorité sur sa terre, est le dernier de ses soucis. Il faut rappeler que la culture amazighe a été décrétée " une des priorités de la politique culturelle du gouvernement ". Pourtant, les artistes amazighs sont les plus marginalisés alors que les artistes arabes ont toujours été favorisés.
Par exemple, les producteurs artistiques amazighes ne bénéficient d'aucun véritable soutien du ministère arabe de la Culture. Rappelons le scandale du traitement différentiel et discriminatoire de la Commission du Fonds d'Aide à la production Cinématographique. Effectivement, elle a offert généreusement plus de 11 millions de dirhams au «cinéma arabe» alors que le seul film amazigh présenté n’a reçu qu’un misérable million et des broutilles.
De plus, quand le Makhzen décide de contribuer à la fameuse " réhabilitation de tamazight ", c'est uniquement dans le but de l'exploiter. Au Maroc, la culture amazighe constitue " une marchandise comme les autres ". Quand il s' agit de permettre aux Amazighs de s'exprimer, c' est uniquement pour présenter leur culture sous une forme archaïque et folklorique. Les quelques festivals où les Amazighs sont invités ne font qu' exploiter leur culture à des fins éminemment commerciales et touristiques.
En 2003, Rabat a été élue " Capitale de la culture arabe ". M. Achari avait affirmé dans le journal Maroc Hebdo ceci : " Aujourd'hui, on ne peut plus parler dans le monde arabe d'un centre ou d' une périphérie. Nous sommes certes une culture unie par la langue mais différente par les sensibilités. Cette différence, qui fait notre richesse, nous devons la cultiver et la préserver." Le simple fait d' évoquer l' expression " monde arabe " dans le cadre du Maroc (plus généralement de l' Afrique du Nord) est un refus absolu de la diversité culturelle. Le comble est que cet événement panarabiste se voulait être l' "occasion de refléter la diversité et la richesse culturelles du Maroc". La "diversité" culturelle, au Maroc, se résume à une chose : la culture marocaine est arabe.
La Convention de l'Unesco est désormais un véritable instrument juridique. Elle donne une importance particulière aux peuples autochtones et à la langue maternelle. Ce texte incite en fait à la concrétisation de tous ses beaux discours. On comprend mieux le mutisme du Makhzen à l'annonce de son entrée en vigueur… Aux Amazighs de faire pression pour qu'il la signe !
Voilà leur crime : être né Amazigh.
La « maladie mystérieuse » dont ces êtres humains ont été victimes, c’ est l’ amazighophobie et rien d’ autre. Par conséquent, le simple fait d’ avoir dissimulé cette amazighité, source de toute la problématique, signifie et confirme le fait qu’ au Maroc, le journalisme n’ existe pas. Les Imazighens sont trop passifs, naïfs et patients : les Imazighen doivent porter plainte contre le makhzen, contre l’ Etat marocain pour non assistance à personnes en danger, non assistance à êtres humains en danger de mort !
Que ce soit à Anfgou ou dans le Sud-est, et dans bien d’ autres coins perdus du pays, les victimes sont Imazighen. On comprend mieux la raison du silence et de la négligence du makhzen. Ils sont privés de l’ eau, de l’ électricité, des transports, de la santé et du réseau téléphonique. Par contre, ce qu’ on leur offre, c’ est la misère la plus absolue. Les Imazighen doivent cesser de payer leurs factures d’ électricité et la taxe d’ audiovisuel. Ces droits sont les plus naturels que tout être humain se doit de jouir. Mais les Imazighen ne sont pas considérés comme des êtres humains. Cependant, on préfère faire construire une autoroute qui relie Fès à Oujda en investissant plus de 9 milliards de dollars et le makhzen va faire la charité au Fades ( Fonds arabes pour le développement économique et social ) pour la réalisation de près de 1.000 km de routes rurales, qui, nous dit-on, permettront le désenclavement de 200 000 personnes ( Amazighes ou Arabes ? ) environ si l’ argent des Arabes ne vont pas directement dans la poches des Arabes du makhzen…
Comment un Ministre dit de « la Santé » peut-il oser, via son ami Nabil Benabdallah porte-parole du gouvernement arabe marocain, parler de « 11 morts » après un tel drame alors que les faits montrent que les victimes se multiplient au fur et à mesure que le temps passe ?
Comment un Ministre dit de « la Santé » peut-il mettre la faute sur le climat dans une région qui a toujours connu un froid glacial en cette période de l’ année ?
Comment peut-il rejeter l’ hypothèse la plus crédible de ce drame sans avoir même ordonné l’ envoi d’ urgence d’ une équipe médicale dans un douar devenu cimetière ?
Comment un ministre dit de « la Santé » peut-il, face à ce genre de catastrophe humaine, faire preuve de négativité et de négligence envers des citoyens marocains à part entière ?
Comment un Ministre dit de « la Santé » peut-il ne pas soucier de la santé de pauvres innocents nouveaux-nés qui n’ ont rien demandé, surtout pas de naître Amazigh ? Car naître Amazigh est un honneur mais aussi une malédiction.
Ce Ministre arabiste aurait-il peur qu’ on salisse son image ? Aurait-il davantage le souhait d’ embellir la fin de son mandat ?
Comment peut-on s’ appeler « Mohamed Cheikh Biadillah », ignorer la souffrance de ces pauvres gens et mentir aux citoyens en faussant la réalité sur un fait on ne peut plus tragique ?
Mais où sont ces arabistes qui nous parlent sans cesse de l’ islam dans leurs discours ? Où sont ces racistes qui nous demandent de prier pour que tombe la pluie ? Que font-il pour ces pauvres innocents en train de grelotter à Anfgou et ses environs ? Leur islam n’ oblige-t-il pas à faire le bien à secourir pauvres et orphelins ? Les Imazighens doivent patienter et invoquer Dieu quand ils sont frappés par les inondations, la misère et les drames comme celui d’ Angfou pendant que le makhzen les vole comme l’ a très bien dit Lhusseyn Chanouane, militant amazigh issu de la Coordination des Ait Ghighouch, qui a ouvertement et de façon charismatique dénoncé l’ instrumentalisation de la religion par un makhzen qui n’ a rien de religieux.
C’ est un immense paradoxe que de se prénommer « Mohamed » et de lancer des crachats sur des morts, morts parce que Imazighens, au lieu d’ ordonner une enquête et de secourir les régions les plus marginalisées où la santé est un produit de luxe. Le froid tue, mais le makhzen aussi. La question est de savoir si « C’ est la volonté de Dieu » seulement ou également celle du makhzen ? Quand le gouvernement arabe du Maroc parle de justice et d’ égalité, droits constitutionnels, et qu’ il fait envoyer UN SEUL dit médecin généraliste si ce n’ est pas un simple infirmer pour secourir et soigner tout un village, c’ est vraiment la destruction massive des Imazighen qu’ il souhaite. On aide les frères arabes du Liban mais on crache sur les Imazighens survivant tels des animaux sur le sol marocain. On aide les pauvres, oui, on aide les orphelins, oui mais à condition qu’ ils soient Arabes. Pas question de sortir les Imazighens de la misère : que ces animaux restent dans leur jungle et s’ entre-tuent dans leur jungle ! Le makhzen n’ a jamais bougé le petit doigt pour ces gens « inutiles ».
Le dernier des soucis du Ministre dit de « la Santé » est bien la santé des Imazighens. Le dernier des soucis du Ministre dit de « la Culture » est bien la culture amazighe. Le dernier des soucis du Ministre dit de « l’ équipement et des transports » est bien les régions amazighes. Le dernier des soucis de Mr El Gahs, chargé de la jeunesse et qui ose rêver d’ un autre mandant ouvertement, est bien la jeunesse amazighe. Sous-estimant sa force et sa motivation à se battre pour sa liberté et sa dignité.
Un dernier mot sur notre cher ami Nabil Benabdallah qui a exprimé son « attachement de principe profond à la composante amazigh de notre peuple » : cet arabiste doit savoir qu’ il est INEXCUSABLE, écoeurant et intolérable de l’ entendre dire « Il est inadmissible que des lecteurs et les téléspectateurs n’apprennent qu’une partie de la réalité à cause d’un paysage médiatique mis au pas » alors que c’ est grâce à une militante amazighe ( et son frère ) de la diaspora ( en plus ! ) que les Imazighens ont pu voir la seule vidéo qui montre les manifestations de Tinghir. Cet homme, comme tous les autres de son gouvernement, n’ est qu’ un arabiste anti-amazigh et un excellent hypocrite. Monsieur défend la presse et les médias en général mais crache sur les Imazighens.
Dans quelques mois, ces arabistes qui n’ ont jamais eu ne serait-ce qu’ une seule petite pensée pour les Imazighens du Maroc voudront les « relâcher provisoirement », laisser ces animaux prendre l’ air pour qu’ ils aillent « Voter Dabba » en sachant qu’ ils les jetteront à nouveau dans leur jungle, comme des déchets, une fois les « élections » législatives terminées. Moralité pour les Imazighens qui ne sont pas dupes : si vraiment nous sommes des Hommes Libres, Nobles et non des animaux, ne votons pas pour ces arabistes qui se prennent pour vos maîtres.
Awur tsjelm i awd yan !
Alahyan Fatima, Rennes Sud-Est (Maroc), Assif n Dades
Un cri de révolte négligé par les « médias » marocains qui passent leur temps à mentir et à désinformer les publics. Les journalistes amateurs des médias panarabistes ont fait fi de tous ces hommes, ces femmes qui se sont levés pour hurler leur colère, n’ ont pas jugé utile et indispensable d’ informer les Marocains de la situation catastrophique que vit le Sud Est et donc la légitimité des revendications. Ce n’ est pas étonnant. Ce qui est le plus étonnant, c’ est que les Imazighens croient en un miracle médiatique pour voir diffuser des images de ces rassemblements non négligeables. Ils ne parleront jamais de nous, ils nous haïssent. A nous d’ imposer notre voix, à nous de leur dire qu’ on existe, à nous de crier au monde notre exaspération de vivre sans dignité dans un pays qui prétend faire l’ apologie de la diversité et des droits de l’ homme.
Les Imazighens en ont marre !
Y en a marre de voir un instituteur faire 30 km à pied pour se rendre à l’ école car il n’ y a des transports que le jour du souk hebdomadaire !
Y en a marre de voir des élèves à trois sur une table dans une classe d’ école où la volonté ne manque pas mais où les moyens sont utopiques !
Y en a marre de voir toute une région ruinée par les inondations où les habitants dorment toujours sous des tentes, où les terres ne sont plus cultivables, où les rares infrastructures qui existent sont en ruines, une zone crachée par le makhzen qui ne considèrent ses habitants que comme des laissés pour compte !
Y en a marre de voir que 2M évoque les inondations au Pakistan et néglige les inondations dont ont été victimes des Marocains à part entière dont le seul crime est d’ être né Amazigh !
Y en a marre de voir des pseudo journalistes ne descendre chez nous que pour filmer la nature et Ahiduss !
Y en a marre de ces racistes qui sont persuadés que les Imazighens du Sud Est ont peur de la répression et qu’ il suffit de nous barrer la route pour nous faire reculer !
Y en marre de ces élus, marionnettes du makhzen implantées chez les Imazighens, qui répriment au lieu de négocier !
Y en a marre de voir que nous sommes sur notre propre terre et que nous sommes ignorés chez nous !
Y en marre de vivre dans la misère la plus pauvre dans des villages où aucune structure, aucune infrastructure et aucune perspective d’ avenir pour les jeunes n’ existent !
Y en marre de ces hommes politiques, menteurs et démagogues par excellence, qui font l’ éloge de l’ amazighité en permanence comme ce ministre panarabiste Benabdallah qui a osé dire il y a quelques jours, durant l’ émission « Tiyarat » de 2m que la culture amazighe est médiatisée depuis qu’ il est à la tête du ministère de la Communication ! ( la phrase qu’ il a toujours à la bouche « Makayn abadane ! »)
Que les Imazighens du Sud Est continuent à crier leur rage et à demander de vivre dignement, qu’ ils ne baissent pas les bras ! Et à tous les autres Imazighens de les soutenir et de les encourager dans leur entreprise en espérant que tous les Imazighens aient un jour, leur marche verte à eux.
Ayuz !
Alahyan Fatima à Rennes
Sud-Est Maroc, Assif n Dadès